• GLOBAL WARNING A LA FÊTE DE LA MUSIQUE

     

    Le concert le plus originalement Jazz de cette Fête de la Musique fut celui donné à la Galerie Quèdart (http://www.youtube.com/watch?v=cwIelooNJBE) par le duo Global Warning formé par Georges Herquel (ancien cartographe et saxophoniste qui a joué avec John Tchicai) et Serge Libs (percussions) qui se sont rencontrés il y a un an, l’un improvisant du Free Jazz sur les rythmiques inspirées des Musiques Traditionnelles de l’autre. (http://www.galeriequedar.com/article-fete-de-la-musique-2011-global-warning-77489083.html). Pour fêter la retraite de George Herquel, ils ont enregistré un disque éponyme GLOBAL WARNING alternant compositions et décrochages de Steve Lacy, Ornette Coleman, Albert Ayler ou Abdullah Ibrahim.   

     

    « Global WarMing » était, à une lettre près, un disque (http://www.deezer.com/fr/music/sonny-rollins/global-warming-242198 ), un groupe et une Calypso accompagnée au likembé (http://www.youtube.com/watch?v=hdjHUtohEEc) inspirés par son inquiétude écologique à Sonny Rollins dans les années 90s, saxophoniste qui dès 1962 sur son disque « What’s New » avait cherché dans « Jungoso » (http://www.youtube.com/watch?v=Pa3z5SBY1qU) et « Bluesongo » (http://www.youtube.com/watch?v=-pHvQDMOHAM) dans un dialogue de son saxophone ténor avec le percussionniste Cubain Candido Caméro  de nouvelles voies au Free Jazz dans l’ouverture sur les musiques du monde et des Caraïbes.

     

    Le saxophoniste soprano Bretonnant Free et le percussionniste (congas, cowbell, bongos, cymbales) attirent sur « Almériade »,  air Celtique ou Arabisant inspiré du saxophoniste West Coast, mais qui participa aussi au plus World Jazz « Blue Camel » (http://www.youtube.com/watch?v=jj2_PnPbxrI ) de Rabih Abou Khalil Charlie Mariano le public du trottoir à l’extérieur du Restaurant par un couloir voûté vers la Cour Intérieure de la Galerie ornée de fleurs et plantes.

     

    Non dépourvus d’humour, ils commencent « sur l’air des concombres d’Espagne ». Dans « Mopty » (http://www.youtube.com/watch?v=_ZUt3IUbrUk&feature=related), inspiré d’Ornette Coleman, l’ingénuité du soprano passe d’une sorte d’ « A Love Supreme » http://www.youtube.com/watch?v=9bb0WjAGkdc&feature=related)  à  la Steve Lacy ou à une fanfare d’Ayler.

     

    Suit un solo de saxophone qu’ils appellent « Solotitude Vent », que nous évoquent en effet le naturel de ces improvisations, comme si le saxophone était le vent dans un rhombe originel, s’en allant Bretonner puis continuer cette émotion soufflée d’un souffle continu Sclavisien en solitaire et finit en douceur.

     

    Ils continuent avec « Eléphant Phare » ((http://www.youtube.com/watch?v=mo8aP8YsNaA&feature=related), inspiré de « Ghosts » (http://www.youtube.com/watch?v=dtiSA2RKDzc) d’Albert Ayler, sorte de fanfare New Orleans déglinguée comme il savait le faire de tout répertoire façon free avec son frère Don Ayler à la trompette claironnante ou bruitiste. Après un début proche des hésitations en suspens de l’original,  les congas amènent au thème quelque chose d’inouï, plus CuBop, moins abrupt et free, plus festif, jusqu’au cri FREE du saxophone ponctué d’une frappe sauvage sur la cymbale et retour au thème.

     

    Le prochain titre s’intitule « Les Fous Guettent » (http://www.youtube.com/watch?v=mo8aP8YsNaA&feature=related) (« comme on dirait avec l’accent ») : les fous fascistes, nationalistes ou capitalistes financiers avides nous guettent partout en Europe et même en France et cela vaut bien, pour leur échapper quelques « Fuguettes » (petites fugues), où se marient celles, percussives des tambours et celles, aérées et libres, du saxophone, du souffle et de la mélodie.

     

    Ils continuent avec « Black Market » (http://www.youtube.com/watch?v=U5c3H6LpLZI) de Joe Zawinul pour Weather Report, réduit à sa pure mélodie sans effet électrique aucun, à une version entre Wayne Shorter et Manolo Badrèna peut-être, dont on ne reconnaît qu’en filigrane le thème. Un oiseau (d’Afrique ?) vient les accompagner sur la fin. Ils ont aussi composé un « Back Market » d’après Abdullah Ibrahim. Peut-être ai-je mal compris et que l’enthousiasme de Serge Libs à entendre parler de Weather Report m’a induit en erreur. 

     

    Ils poursuivent avec « une petite chose exotique », autre décrochage d’ «A Love Supreme » de Coltrane au saxophone sur les percussions, en version très libre  ou avec un esprit plus festif même que Rollins/Caméro grâce à l’abstraction du Free au procédé de composition instantanée.

     

    Le percussionniste Serge Libs a aussi sa « Solotitude Peaux » « Courte ? » demande-t-il, « Longue ! » accorde Georges Herquel, plus Africaine, djembé que Cubaine quoique sur des congas mais fat quand même « parler » les tambours comme on dit à Cuba, « comme des chevaux au galop », dirait-on en Iran quoique sans zarb.

     

    Le saxophoniste Georges Herquel revient pour un thème plus méditatif spirituel, mais avec toujours l’impression d’assister à la musique et à sa beauté EN TRAIN DE SE FAIRE, de voir la FORME NAÎTRE DE L’INFORME 

     

    Enfin, dans « Soudan », le saxophone redevient flûte originelle de fakir charmeuse des serpents d’Afrique envoûtant et suivant les rythmes de la terre sur un tapis volant de percussions s’élevant de la même conga, lentement, sautillant ascensionnellement,  invitant de plus en plus le public  à frapper des mains comme une confrérie gnawa suivant les peaux, la frappe zébrée d’une griffure sur les clochettes en échos, puis slappée au vol sur la cymbale, tandis que la mélodie du saxophone demeure, suit, s’enfle ou tremble, crie ou s’émeut, passe d’une mélodie imaginaire limpide à l’autre...

     

     

    Jean Daniel BURKHARDT  


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